De la France au Pérou

Mon projet professionnel

10 septembre 2007

Encore sur l'informalité à Lima

J'oubliais un autre endroit encore plus extravagant : Jr. Francisco Pizarro en passant le pont Santa Ana.

On trouve des boutiques qui se dédient à la vente d'habits militaires, de policiers... identiques aux officiels avec le chasuble "Lima ciudad segura" ou "Tránsito". Comment ne pas voir des faits journalistiques avec des délinquants qui se font passer pour des policiers.

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09 septembre 2007

L'informalité à Lima

Hier, je suis allé à Polvos Azules, le royaume de l'informalité. Comment ne pas contribuer à l'informalité en voyant la quantité d'articles : appareils photos numériques, chaussures, vêtements. De la contrefaçon parfaite : les polos Lacoste à 50 soles (11 euros), le survêt Adidas à 75 soles (17 euros) avec leur propre créativité (la veste est réversible), les sous-vêtements pour hommes Calvin Klein à 10 soles (2 euros). On trouve de tout, toutes les marques, tous les prix sont négociables. Je reste encore surpris avec les détails : les étiquettes identiques.

Les boutiques ou puestos sont petites : 2 à 4 m2 mais une quantité d'articles car il y a plusieurs étages. Il doit y avoir au moins 1500 boutiques.

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Le FIAC

Oui la microfinance accompagnée d'une assistance technique de développement entrepreneurial marche mais... en province et non à Lima.

COPEME m'a remis un rapport d'un projet financé par USAID (agence américaine pour le développement) et exécuté par COPEME : le FIAC, Fondo de Iniciativas de Articulación Comercial.

Le projet s'est organisé par un concours pour les différentes microentreprises de 10 régions du Pérou (Tumbes-Piura, Jaén-San Ignacio, Loreto, San Martín, Pasco, Junín, Huánuco, Ucayali, Ayacucho et Cusco) suite à une inscription sur le site Web de COPEME. Selon des critères comme l'innovation, l'impact attendu, COPEME a suivi une évaluation des projets les plus ambitieux et bien sûr les moins risqués. Il y a eu 2 concours en mars 2005 et août 2005. De ces deux concours, un total de 45 projets a gagné un financement et 2 ont désisté au dernier moment car le financement fut possible si la microentreprise mettait un peu d'argent dans le financement total. En plus du financement, les microentrepreneurs recevaient des cours de marketing, logistique, enfin le Master en Commerce et Gestion de l'ESSCA

Le résultat a été positif pour toutes MYPES qui ont augmenté leurs ventes, leurs cycles de production...Ce projet n'a pas été renouvelé mais la preuve que la microfinance marche ... mais en province.

Pourquoi ? En province, les habitants recherchent le développement de leur commerce dans le but de pouvoir financé les études de leurs enfants : suivre des études universitaires dans les meilleures universités de Lima comme la Católica, la San Marcos, la Pacífico, la Esan. Au contraire, à Lima, la microfinance ne sert qu'à bouger l'argent sans le faire fructifier. Soi-disant que le micro-crédit sert à financer l'actif circulant, et en fin de compte, les personnes l'utilisent pour s'acheter une télé, agrandir la maison... D'où le problème social de Lima : le "criollismo". Le criollismo, durant l'époque coloniale, signifie la personne née au Pérou de parents espagnols. Aujourd'hui, le criollismo signifie tromper, arnaquer, insulter et comme on dit en espagnol "ser vivo". A Lima, l'ambiance est malsaine car le liméen cherche à tromper, à te voler, à t'arnaquer. Peut-être les seuls endroits où on ne voit pas cette ambiance sont les bidonvilles récemment installés car les provinciaux ne sont pas "acriollados" ou très peu. C'est un phénomène de discrimination : être métis ou indigène est la question en province pour être péruvien, mais à Lima pour être péruvien, il faut être "criollo" sinon on te chambre, on te traite d'imbécile car celui qui ne vit pas de l'autre (tromper, arnaquer), il ne vit pas, il survit. Independencia, Comas sont des districts acriollados alors que Ventanilla n'est pas encore acriollada. Il est moins dangereux de s'aventurer à Ventanilla à 8 heures le soir en pleine obscurité qu'à San Martin de Porres à 5 heures l'après-midi dans l'Avenue Universitaria. Combien de fois j'ai des vols à 6 heures le soir en pleine rue pour voler dans les voitures ou voire même les voitures.

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08 septembre 2007

Développement entrepreneurial

Pendant une semaine j'ai révisé les différentes méthodologie de cours pour microentrepreneurs :

- la méthode MESUN (Mejore Su Negocio) de l'OIT (Organisation Internationale du Travail) composée de 6 modules : mercadeo (marketing), costeo (coûts), compras (achats), control de existencias (inventaire), registros contables (comptabilité) et planificación de negocio (business plan). Il existe une autre méthode composée de dessins pour les personnes analfabètes.

- la méthode Diálogo de Gestiones de la BID (Banque Interaméricaine de Développement) qui a plus de modules que le précédent

- la méthodologie de "educación financiera para los pobres" publiée par Microfinance Opportunities, Citigroup et Freedom from Hunger. La méthode est composée de 5 modules : presupuesto (budget), ahorros (économies), administración de su deuda (administration des dettes), servicios bancarios (services bancaires) et negociaciones financieras (négociations financières)

Toutes les méthodes ont les mêmes caractéristiques d'administration et gestion d'entreprises. En ce moment, il n'y a pas de programmes des cours entrepreneuriaux. Le boom des cours a eu lieu il y a 2 ans et depuis plus rien car pas de projets et les microentrepreneurs n'ont pas le temps pour ces cours.

J'ai également participé à la conception de rapports d'audit pour des projets de construction de routes dans le cadre du développement économique local. Les rapports font l'objet d'un bilan économique des régions en soulignant la population, le niveau de pauvreté, les ressources économiques ... très intéressant.

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01 septembre 2007

Barranco

Quelques photos de Barranco dans l'album mais pas de chance, j'avais oublié de recharger les piles.

Unas fotos de Barranco en el álbum pero me olvidé recargar las pilas de la cámara.

Some pictures of Barranco in the album but no chance, I forgot to charge the batteries.

Posté par NicolasH à 19:14 - Visiter Lima et ses alentours - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La folie du maire de Lima

La remodélation du Parque de la Reserva était nécessaire mais dépenser autant d'argent pour 13 fontaines avec son et lumière, vu la situation des plus pauvres, c'est vraiment narguer la population. Luis Castañeda Lossio, le maire de Lima, a perdu la tête pour attirer les touristes. Cependant, les visiteurs sont tous péruviens car l'informalité permet à de nombreux liméens de payer les 4 soles d'entrée (gratuit pour les moins de 4 ans seulement). Pas de risque de se faire voler : pas de vendeurs ambulants, police nationale, police municipale, gardiens du parc. A voir l'album ci-contre.

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29 août 2007

Museo de la Nacion

Samedi, petite visite au Museo de la Nacion sur l'histoire précolombienne du Pérou. Le 6ème étage sur l'époque du terrorrisme sera pour un autre jour car les photos peuvent choquer les enfants. Des photos sur les cultures préhispaniques à voir dans l'album.

Dimanche, petit détour à Santa Rosa de Quives car ce jeudi c'est férié pour la patronne de Lima : Santa Rosa. Pour éviter les foules, nous avons profité de cette journée pour prendre un peu d'altitude et prendre le soleil en même temps car au fur et à mesure que l'on prend de la hauteur, le temps change.

Posté par NicolasH à 05:03 - Visiter Lima et ses alentours - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Stage à COPEME

Voilà la deuxième partie de mon stage terminée à l'ONG Prisma à Puente Piedra où j'étais confronté à la réalité de pauvreté à travers la microfinance groupale, où 300 soles est un montant qui permet de faire vivre une famille.

Changement de décor dans la troisième et dernière partie de mon stage à COPEME, institution qui fait le lien entre les institutions gouvernementales nationales et internationales, et les micro-entrepreneurs et les IMF.

Lundi, j'ai suivi une réunion pour un projet pilote sur le développement des aptitudes managériales des jeunes sortant du secondaire. Pour cela, la discussion a beaucoup tourné dans le domaine sociologique car le problème du développement économique au Pérou est d'abord un problème social. Suite à la réunion, nous sommes allés à Villa Maria del Triunfo visiter le colegio Guerrero Quimper qui est en partie financé par l'usine de ciment Cementos Lima. Ce collège a plus de moyens que les autres car les dégâts écologiques et sanitaires provoqués par l'usine sont le principal moyen pour que l'usine participe à la vie sociale du district.

Aujourd'hui, j'ai assisté à une conférence organisée par la mairie de Lima "Desarrollo económico, promoción a las MYPES y generación de empleo : experiencias y propuestas" à l'hôtel Bolivar, Plaza San Martin, dans le centre de Lima.

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de gauche à droite :
José Rojas Bautista : Gerente de Desarrollo Economico Local - Municipalidad de San Juan de Miraflores
Jaime Alva Arroyo : Gerente de Desarrollo Empresarial - Municipalidad Metropolitana de Lima
Francisco Marcenaro : de la OIT
Luis Esquivel Torres : Gerente de Desarrollo Economico Local - Municipalidad de Villa El Salvador
Marlene Maza Zambrano : Red Empresarial Infantas

Il y avait d'autres personnes comme Alejandro Meza de COPEME, Ivan Miflin Bresciani d'IPAE

La conférence était relativement intéressante mais beaucoup de blablabla sur des projets mais rien de concret. Mr Alva Arroyo a pourtant bien montré que la bureaucrtaie des mairies est le principal frein pour qu'une MYPE se constitue, mais rien de concret pour changer. Ce que je retiens : la MYPE développe l'informalité avec l'aide des politiques municipales et des organisations, la femme est le coeur du développement économique local, 70% des microentreprises vivent dans la survie, 25% des microentreprises sont compétitives. Les microentrepreneurs reçoivent des formations marketing et comptable pour améliorer leur approche mais la situation reste identique car le problème est social : il n'y a pas de soutien entre entreprises du même secteur par manque de confiance, un manque d'identité entre régions et surtout un manque de soutien politique avec une politique gouvernementale indéfinie ; mais aussi organisationnel : manque d'assistance technique.

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23 août 2007

Le microcrédit communal et la caution solidaire

La deuxième partie de mon stage se termine demain. Mais pendant ces deux semaines j'ai pu apprendre énormément sur la microfinance groupale et la caution solidaire en milieur urbain et pauvre du Pérou.

La méthode de captation et de promotion est la même que dans la Edpyme. A l'inverse du micro crédit individuel, les analystes de crédits (appelés asesores et non plus analistas) invitent les personnes à former un groupe de 15 individus où mutuellement chacun se portera garant des autres "socios". A ce stade, le groupe va vivre un cycle de 6 mois jusqu'à un maximum de 12 cycles.

Comme ONG, Prisma doit charger l'IGV (la TVA) sur les crédits et les socios du groupe doivent payer toutes les commissions. Plus qu'un crédit, Prisma permet aux adhérents d'économiser car dans la composition de l'annuité mensuelle, une partie est consacrée à l'économie.

Il existe également un retard dans les paiements comme dans la Edpyme. La raison de ce retard après une étude quantitative sur 57 personnes : l'arnaque d'un ou plusieurs socios qui donne lieu à la non volonté des autres à payer les annuités des fraudeurs. Pourquoi existe-t-il cette arnaque ? A cause d'un surendettement des personnes et là on voit la créativité des péruviens. Quelques exemples :
- une personne du groupe endettée jusqu'au cou demande à une autre socio de lui donner son crédit. A la fin, la première devient plus endettée et la deuxième ne peut pas payer non plus. Comme les deux ne paient pas, les autres se demandent, pourquoi vais-je payer ?
- une personne du groupe donne son crédit à sa mère, elle aussi socio dans un autre groupe. La mère ne paie pas et la fille non plus. La fille ira même jusqu'à constituer un autre groupe par référence dans le but d'obtenir les crédits de ce groupe et personne ne paie.

Ce sont quelques exemples des retards de paiement. Il suffit qu'il y ait un conflit ou qu'une seule personne soit à l'origine d'une arnaque pour que le problème survienne. Le problème n'est pas seulement du client qui peut être endetté, mais aussi de l'institution pour une mauvaise évaluation.

Comme à l'Edpyme Crear Tacna, il existe une concurrence acharnée de toutes les IMF : Edpymes (Mibanco, Edyficar, Proempresa), CMAC (Cajas Municipales Arequipa, Trujillo, Piura), les banques commerciales (Scotiabank) et les autres ONG (ASIDME). Cette dernière, ASIDME, applique la même méthodologie que Prisma c'est-à-dire, le microcrédit communal. Cependant, ils demandent moins de documents et leur évaluation n'est pas profonde. ASIDME est une institution religieuse. Quelle éthique entre religion et donner de l'argent sans évaluer correctement la capacité de paiement des personnes ? En effet, je ne pense pas que les analystes de crédit vont venir avec la parole de dieu pour se faire payer !

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21 août 2007

Séisme à Ica

Quelle est la situation dans la région de Ica après le tremblement de terre du 15 août ?

C'est le chaos. L'aide humanitaire reste bloquée dans le centre des grandes villes et n'arrive pas dans les petites villes des alentours. Monica, analyste de crédit travaillant à Prisma, est partie ce week-end voir sa famille et m'a raconté la situation. Partie avec du pain, de l'eau et des vivres mais tout cela n'est pas arrivé à destination car sur la route, des enfants n'avaient pas mangé et elle a du leur faire des sandwichs avec du thon. Arrivée à Ica, tout est détruit. Toutes les maisons ont disparu. Les personnes n'osent même pas sortir de leur campement à cause des 600 détenus qui se sont évadés de la prison lors du séisme. Une jeune fille a été violée juste pour aller donner à manger à sa grand-mère. Les prisonniers sortent la nuit en file indienne comme à l'époque du Sentier Lumineux. Prendre un taxi est devenu dangereux car les prisonniers se font passer pour des chauffeurs. Les habitants s'organisent en bande et pour seule arme, un bout de bois, contre les armes à feu des détenus auxquels se sont alliés les gangs de la région.

Plus que des vivres ou de l'eau car les aides parviennent de Lima et s'entassent devant les différentes mairies (Los Olivos et Puente Piedra entre autre) grâce à la solidarité des péruviens, il faut du monde sur place pour déblayer, aider à protéger les habitants contre la délinquance, construire et surtout organiser la distribution des aides. Le problème est qu'il n'y a pas un recensement exact des habitants dans les villes et donc l'impossibilité de connaître les nécessités.

La destruction des différentes villes est impressionnante. Pour montrer la violence du séisme, une amie de mon beau-frère qui est professeur à Chincha était allongée sur son lit et d'un seul coup, elle s'est retrouvée par terre. Monica de Prisma disait que ses cousins ne pouvaient même pas tenir debout.

Posté par NicolasH à 04:23 - Visiter Lima et ses alentours - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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