De la France au Pérou

Mon projet professionnel

29 août 2007

Museo de la Nacion

Samedi, petite visite au Museo de la Nacion sur l'histoire précolombienne du Pérou. Le 6ème étage sur l'époque du terrorrisme sera pour un autre jour car les photos peuvent choquer les enfants. Des photos sur les cultures préhispaniques à voir dans l'album.

Dimanche, petit détour à Santa Rosa de Quives car ce jeudi c'est férié pour la patronne de Lima : Santa Rosa. Pour éviter les foules, nous avons profité de cette journée pour prendre un peu d'altitude et prendre le soleil en même temps car au fur et à mesure que l'on prend de la hauteur, le temps change.

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Stage à COPEME

Voilà la deuxième partie de mon stage terminée à l'ONG Prisma à Puente Piedra où j'étais confronté à la réalité de pauvreté à travers la microfinance groupale, où 300 soles est un montant qui permet de faire vivre une famille.

Changement de décor dans la troisième et dernière partie de mon stage à COPEME, institution qui fait le lien entre les institutions gouvernementales nationales et internationales, et les micro-entrepreneurs et les IMF.

Lundi, j'ai suivi une réunion pour un projet pilote sur le développement des aptitudes managériales des jeunes sortant du secondaire. Pour cela, la discussion a beaucoup tourné dans le domaine sociologique car le problème du développement économique au Pérou est d'abord un problème social. Suite à la réunion, nous sommes allés à Villa Maria del Triunfo visiter le colegio Guerrero Quimper qui est en partie financé par l'usine de ciment Cementos Lima. Ce collège a plus de moyens que les autres car les dégâts écologiques et sanitaires provoqués par l'usine sont le principal moyen pour que l'usine participe à la vie sociale du district.

Aujourd'hui, j'ai assisté à une conférence organisée par la mairie de Lima "Desarrollo económico, promoción a las MYPES y generación de empleo : experiencias y propuestas" à l'hôtel Bolivar, Plaza San Martin, dans le centre de Lima.

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de gauche à droite :
José Rojas Bautista : Gerente de Desarrollo Economico Local - Municipalidad de San Juan de Miraflores
Jaime Alva Arroyo : Gerente de Desarrollo Empresarial - Municipalidad Metropolitana de Lima
Francisco Marcenaro : de la OIT
Luis Esquivel Torres : Gerente de Desarrollo Economico Local - Municipalidad de Villa El Salvador
Marlene Maza Zambrano : Red Empresarial Infantas

Il y avait d'autres personnes comme Alejandro Meza de COPEME, Ivan Miflin Bresciani d'IPAE

La conférence était relativement intéressante mais beaucoup de blablabla sur des projets mais rien de concret. Mr Alva Arroyo a pourtant bien montré que la bureaucrtaie des mairies est le principal frein pour qu'une MYPE se constitue, mais rien de concret pour changer. Ce que je retiens : la MYPE développe l'informalité avec l'aide des politiques municipales et des organisations, la femme est le coeur du développement économique local, 70% des microentreprises vivent dans la survie, 25% des microentreprises sont compétitives. Les microentrepreneurs reçoivent des formations marketing et comptable pour améliorer leur approche mais la situation reste identique car le problème est social : il n'y a pas de soutien entre entreprises du même secteur par manque de confiance, un manque d'identité entre régions et surtout un manque de soutien politique avec une politique gouvernementale indéfinie ; mais aussi organisationnel : manque d'assistance technique.

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23 août 2007

Le microcrédit communal et la caution solidaire

La deuxième partie de mon stage se termine demain. Mais pendant ces deux semaines j'ai pu apprendre énormément sur la microfinance groupale et la caution solidaire en milieur urbain et pauvre du Pérou.

La méthode de captation et de promotion est la même que dans la Edpyme. A l'inverse du micro crédit individuel, les analystes de crédits (appelés asesores et non plus analistas) invitent les personnes à former un groupe de 15 individus où mutuellement chacun se portera garant des autres "socios". A ce stade, le groupe va vivre un cycle de 6 mois jusqu'à un maximum de 12 cycles.

Comme ONG, Prisma doit charger l'IGV (la TVA) sur les crédits et les socios du groupe doivent payer toutes les commissions. Plus qu'un crédit, Prisma permet aux adhérents d'économiser car dans la composition de l'annuité mensuelle, une partie est consacrée à l'économie.

Il existe également un retard dans les paiements comme dans la Edpyme. La raison de ce retard après une étude quantitative sur 57 personnes : l'arnaque d'un ou plusieurs socios qui donne lieu à la non volonté des autres à payer les annuités des fraudeurs. Pourquoi existe-t-il cette arnaque ? A cause d'un surendettement des personnes et là on voit la créativité des péruviens. Quelques exemples :
- une personne du groupe endettée jusqu'au cou demande à une autre socio de lui donner son crédit. A la fin, la première devient plus endettée et la deuxième ne peut pas payer non plus. Comme les deux ne paient pas, les autres se demandent, pourquoi vais-je payer ?
- une personne du groupe donne son crédit à sa mère, elle aussi socio dans un autre groupe. La mère ne paie pas et la fille non plus. La fille ira même jusqu'à constituer un autre groupe par référence dans le but d'obtenir les crédits de ce groupe et personne ne paie.

Ce sont quelques exemples des retards de paiement. Il suffit qu'il y ait un conflit ou qu'une seule personne soit à l'origine d'une arnaque pour que le problème survienne. Le problème n'est pas seulement du client qui peut être endetté, mais aussi de l'institution pour une mauvaise évaluation.

Comme à l'Edpyme Crear Tacna, il existe une concurrence acharnée de toutes les IMF : Edpymes (Mibanco, Edyficar, Proempresa), CMAC (Cajas Municipales Arequipa, Trujillo, Piura), les banques commerciales (Scotiabank) et les autres ONG (ASIDME). Cette dernière, ASIDME, applique la même méthodologie que Prisma c'est-à-dire, le microcrédit communal. Cependant, ils demandent moins de documents et leur évaluation n'est pas profonde. ASIDME est une institution religieuse. Quelle éthique entre religion et donner de l'argent sans évaluer correctement la capacité de paiement des personnes ? En effet, je ne pense pas que les analystes de crédit vont venir avec la parole de dieu pour se faire payer !

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21 août 2007

Séisme à Ica

Quelle est la situation dans la région de Ica après le tremblement de terre du 15 août ?

C'est le chaos. L'aide humanitaire reste bloquée dans le centre des grandes villes et n'arrive pas dans les petites villes des alentours. Monica, analyste de crédit travaillant à Prisma, est partie ce week-end voir sa famille et m'a raconté la situation. Partie avec du pain, de l'eau et des vivres mais tout cela n'est pas arrivé à destination car sur la route, des enfants n'avaient pas mangé et elle a du leur faire des sandwichs avec du thon. Arrivée à Ica, tout est détruit. Toutes les maisons ont disparu. Les personnes n'osent même pas sortir de leur campement à cause des 600 détenus qui se sont évadés de la prison lors du séisme. Une jeune fille a été violée juste pour aller donner à manger à sa grand-mère. Les prisonniers sortent la nuit en file indienne comme à l'époque du Sentier Lumineux. Prendre un taxi est devenu dangereux car les prisonniers se font passer pour des chauffeurs. Les habitants s'organisent en bande et pour seule arme, un bout de bois, contre les armes à feu des détenus auxquels se sont alliés les gangs de la région.

Plus que des vivres ou de l'eau car les aides parviennent de Lima et s'entassent devant les différentes mairies (Los Olivos et Puente Piedra entre autre) grâce à la solidarité des péruviens, il faut du monde sur place pour déblayer, aider à protéger les habitants contre la délinquance, construire et surtout organiser la distribution des aides. Le problème est qu'il n'y a pas un recensement exact des habitants dans les villes et donc l'impossibilité de connaître les nécessités.

La destruction des différentes villes est impressionnante. Pour montrer la violence du séisme, une amie de mon beau-frère qui est professeur à Chincha était allongée sur son lit et d'un seul coup, elle s'est retrouvée par terre. Monica de Prisma disait que ses cousins ne pouvaient même pas tenir debout.

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Villa Pachacútec à Ventanilla

Cette nuit il a plu sur Lima. La nouvelle ville de Pachacutec est bâtie sur le sable de la côte du Pacifique. Le sable est humide et rend les déplacements difficiles pour monter en haut des cerros. Quelques photos des différents quartiers de la ville : La Union, La Victoria 1, La Victoria 2, Incawasi, Los Jazmines, San Pedro, 20 de agosto, Hatun Pachacutec... C'est un total de quelques 50.000 habitants qui vivent dans ces conditions.

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Les bidons devant les maisons sont pour l'eau potable versée par le camion-citerne deux fois par semaine

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Aujourd'hui grand jour, les ouvriers de SEDAPAL (service des eaux de Lima) viennent d'ouvrir les vannes à la grande joie des habitants et surtout des enfants admiratifs

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20 août 2007

Une autre belle Peugeot

Dans l'Avenida de la Marina, entre le Metro et le Tottus, je n'ai pas pu m'empêcher de prendre cette belle Peugeot d'un autre temps ...

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El Parque de las Leyendas

Après les événements de cette semaine, nous avons visité le zoo de Lima dans le district de San Miguel. Plein de monde car les enfants ne payaient pas car c'étair le jour de l'enfance. Cependant, l'entrée est à 9 soles ce qui pèse un peu dans le porte-monnaie d'un péruvien mais l'informalité permet de payer ce montant. Mais cela vaut quand même le coup. A voir les photos dans l'album.

Posté par NicolasH à 04:05 - Visiter Lima et ses alentours - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 août 2007

Visite à Pachacutec, à Ventanilla

Hier, j'ai vraiment compris la réalité du Pérou en visitant une nouvelle ville naissante : Pachacutec dans le district de Ventanilla. Pachacutec se divise en de nombreux "Asentamientos Humanos" comme Mi Perú, La Victoria 1, La Victoria 2, Incawasi, Hatun Pachacutec. Ce sont plus de 50.000 personnes entassées dans des petites maisons précaires en bois sur le sable des grandes dunes (on a une vue superbe sur l'Océan Pacifique et les humedales - marécages -). Les habitants viennent de province cherchant un avenir meilleur comme le font ceux de la capitale en partant à l'étranger. Cependant, personne ne les aide. L'Etat se lave les mains en leur permettant d'"envahir" des terrains. Disons que ce sont des personnes rejetées que l'Etat ne veut pas prendre en charge. Ces 50.000 personnes vivent dans l'extrême pauvreté ne bénéficiant d'aucune aide, pas d'eau potable, d'égoûts... L'électricité n'a qu'un an. Socialement, tout le monde se connaît car ils viennent en général des mêmes régions : Huancavelica, Junin, Ayacucho ...

Le point positif réel et confirmé par le directeur de l'agence Prisma à Puente Piedra est que ces personnes gardent pour le moment leur coutume sociale de province et ne se sont pas "créolée" (acriolladas). Il n'y a pas beaucoup de délinquance car les habitants de Pachacutec s'organisent eux-mêmes contre ce fléau. Il se passe que par la nécessité, les personnes viennent à tomber dans la délinquance en volant ou en arnaquant. L'arnaque est la première cause d'échec chez Prisma car beaucoup de personnes se voient offrir des micro crédits qu'elles ne peuvent ensuite rembourser. L'objectif fixé aux analystes de crédit par les IMF fait que beaucoup d'évaluation ne sont pas faites correctement dans le but de "colocar" des crédits. Cependant, les personnes se voient surendettées avec 5 voire 6 institutions en parallèle.

Est-ce que la microfinance aide vraiment au développement économique et social ?

Pour moi, oui et non mais en tirant vers le non. La SBS (Superintendencia de Banca y Seguros) vient de lancer une campagne de Transparence de l'Information donnant ainsi au client le droit de récamer car une mauvaise information de l'analyste de crédit peut provoquer une poursuite judiciaire contre l'IMF. La SBS avec l'aide d'Indecopi, veut protéger et surtout informer le client face aux crédits. Je pense que la personne qui reçoit un prêt ne sait pas comment l'investir. L'informalité fait que les micro entrepreneurs ne savent pas combien ils gagnent réellement et vivent au jour le jour. La méconnaissance du marché fait que de nombreuses microentreprises ont des difficultés dans leur activité. Pour cela, il faudrait éduquer et donner des cours pour mieux gérer leur commerce mais le temps c'est de l'argent et beucoup d'entre eux se consacre à leur travail la tête dans le guidon sans prévoir l'avenir. Voilà la réalité économique à Lima, Cono Norte.

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17 août 2007

ONG Prisma à Puente Piedra

Je viens de commencer la deuxième partie de mon stage dans l'ONG Prisma, à l'agence de Puente Piedra, qui avant se trouvait à Ventanilla.

La caractéristique de Prisma est qu'elle développe les microcrédits communaux, sous forme d'associations et de caution solidaire. La procédure est presque identique à celle que j'ai pu connaître dans l'EDPYME Crear Tacna. La seule différence est que le microcrédit n'est plus individuel mais sous forme d'ACPD (Asociación Comunal Pro Desarrollo). On commence par la promotion et la captation de clients pour participer dans des groupes qui deviendront des ACPD reconnues par un document notarial. Ensuite il y a l'évaluation de chaque adhérent pour calculer sa capacité de paiement et vérifier surtout son niveau d'endettement.

Aujourd'hui j'ai pu assister à une assemblée d'une nouvelle ACPD où les adhérents ont tous payé leur mensualité. Chaque association a donc un président, un trésorier, un secrétaire et un fiscal. Chaque adhérent a son mot à dire et la junta directiva doit gérer l'association et surtout les conflits entre adhérents. Chaque personne signe une caution solidaire ce qui signifie qu'une personne ne paie pas et c'est le reste du groupe qui doit payer. La base de cette méthode est la confiance. Cependant, l'ONG connaît des retards dans les paiements surtout quand la confiance disparaît au fil des cycles (6 mois).

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Séisme au Pérou

Pour revenir sur le séisme d'hier, je dois dire que beaucoup de monde est encore sous le choc à Lima mais la vie continue.

Pour donner plus de précisions, le sol s'est mis à trembler doucement comme des vagues dans l'eau. Ensuite, les ondes sont devenues de plus en plus violentes et nous sommes sortis dehors comme presque tout le monde à Lima. Dehors, on pouvait voir comment les becs, les murs bougeaient. D'ailleurs, le mur en face de la maison où je suis tremblait si fort que j'ai cru qu'il allait s'écrouler. On ne sait pas combien de séismes il y a eu mais c'était interminable. Des personnes disent qu'il y en a eu deux et c'est fort probable car au début, le tremblement était relativement fort sans être violent mais après l'intensité est devenue plus importante mais on ne peut pas dire qu'il y a eu quelques secondes de répit. Les lumières se sont éteintes quelques secondes et sont revenues mais ce qui a choqué beaucoup de personnes est le fait qu'on ait pu voir une lueur dans le ciel comme des éclairs mais sans le tonnerre. Dans d'autres secteurs du Cono Norte et surtout les bidonvilles, il n'y avait plus de lumières. Les maisons ont bien tenu le choc à Los Olivos mis à part une tente près de la mairie de quartier qui habrite une feria de produits artisanaux.

Ce matin, quand je suis parti à Puente Piedra pour le stage, les rues étaient presque désertes, peu de bruit ce qui n'est pas vraiment normal ici. Et pas de photos à prendre car pas dégâts visibles sur la Panamericana Norte. Les pierres tombées du cerro juste après le péage sur la route ont été vite dégagées.

Posté par NicolasH à 05:19 - Visiter Lima et ses alentours - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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