29 juillet 2007
Fiestas Patrias
Le 28 juillet est la fête nationale du Pérou.
La journée a commencé par une petite secousse sismique. Le programme a commencé à 9 heures avec le déplacement du président Alan Garcia du Palacio del Gobierno à la Cathédrale. Ensuite il s'est dirigé au Congrès par el Jr. Junin. Il a lancé un discours de près de 3 heures sur ce qui a été fait depuis un an et sur ce qui reste à faire. Beaucoup de militaires autour de la Plaza de Armas en raison des dernières manifestations violentes des professeurs adhérents de la SUTEP dans tout le pays.
Les péruviens sont contraints au patriotisme : le vote est obligatoire sous peine d'une amende, mais aussi le port d'un drapeau chez soi lors de la fête nationale sous peine d'une amende de 700 soles (163 euros). J'ai d'ailleurs pris une photo

25 juillet 2007
Les impayés
Hier et aujourd'hui, j'accompagne Jaime et Scherson à recouvrer. Nous allons même jusqu'à monter dans les cerros d'Independencia et Comas. Les mauvais payeurs se situent dans les Urbanisations Tahuantinsuyu à Independencia et Collique à Comas. La dernière urbanisation fait vraiment peur. La violence domestique est visible dans la rue. La personne que nous cherchons n'est pas là. Nous trouvons sa belle mère qui nous dit, dans un espagnol pénible, qu'elle l'a jetée de la maison car il gaspillait l'argent dans l'alcool. Elle nous raconte aussi qu'elle a viré sa fille mais elle ne veut pas partir. A la fin, quand on a commencé à parler de procédure judiciaire et d'embargo, nous avons été choqués quand elle voulait nous donner sa petite-fille de huit ans qui venait juste de sortir de la maison pour aller à l'école.
Rien à voir avec la soirée de samedi où j'ai pu voir des danses folkloriques dans un lieu plutôt huppé du district de La Molina. J'ai rencontré auparavant des soeurs de la congrégation du Bon Pasteur (Buen Pastor) où la maison mère se trouve à Angers. Elles oeuvrent dans un bidonville Cerro El Pino dans le district de La Victoria. Je dois aller voir car elles ont commencé des projets de microcrédits avec les jeunes en difficulté.
21 juillet 2007
Fiestas Patrias
Samedi prochain est la fête nationale. J'ai pris quelques photos d'un défilé d'enfants dans le district de Los Olivos. Les enfants sont en vacances actuellement. Les péruviens sont très patriotes et on peut voir que tout le monde décore la maison ou la voiture avec un drapeau. Les personnes portent la "escarapela"
Toute la semaine, il va y avoir des défilés dans tous les villes du Pérou.
18 juillet 2007
L'omniprésence de l'informalité
Parler du Pérou sans évoquer l'informalité est impossible. Même moi je tombe dans le jeu : tous les jours je prends le bus et je paie seulement 0,50 soles pour les déplacements dans le district alors que le tarif est de 1,50 soles. Le "cobrador" ne donne pas de billet.
A quoi bon se formaliser ? Un client est formel avec son numéro de RUC et paie ses impôts. Et pourtant il ne déclare que 2000 soles/mois au lieu des 7000 soles qu'il réalise. La SUNAT (équivalent du Trésor Public) ne fait aucun contrôle, seulement pour les grandes entreprises.
Les Edpymes veulent être initiatrices du développement économique du Pérou mais elles ne donnent des crédits qu'à des entreprises informelles. Les pouvoirs publics n'ont pas de politique définie sur l'informalité. Le premier pas réalisé est le RUS, un régime simplifié où l'entrepreneur a son numéro fiscal (RUC) et ne paie que 20 soles/mois.
Les analystes de crédits
Depuis jeudi, je travaille avec des analystes de crédit. Crear Tacna a une politique différente des autres Edpymes car l'analyste doit faire de la promotion, de l'analyse et du recouvrement. En fait, ils ont un portefeuille clients à entretenir du début à la fin.
Le problème qui existe dans le district de Los Olivos est que les personnes falsifient les documents : cartes d'identité, titres de propriété, factures bidon ... Le travail est donc très compliqué et il faut demander des références avec les fournisseurs, les autres entrepreneurs voisins. Il faut vérifier les adresses des domiciles du souscripteur, de l'aval ... Cela ressemble plus à un travail de détective car l'idée que l'analyste est assis derrière un bureau est totalement fausse.
Il existe également des programmes comme Certicom et Infocorp qui permettent de vérifier la santé économique des personnes physiques. On peut savoir le nombre de crédits souscrits, si le client est douteux ou non ... information obligatoire. Les différents statuts du client sont :
- Normal
- CPP (Clientes con Problemas Potenciales)
- Deficiente
- Dudoso
- Pérdida
La première cause de pérdida (perte) est l'arnaque. Les commerces sont souvent des entreprises familiales. Le mari peut être douteux mais c'est sa femme qui demande un emprunt en se faisant passer pour célibataire. Toutes les voies sont autorisées pour obtenir un emprunt.
Un analyste touche environ 1600 soles/mois + une prime de mobilité de 150 soles. Cette prime est faible vu les nombreux déplacements qu'il faut réaliser. Surtout que le district de Los Olivos est grand et parfois il faut déborder sur les districts limitrophes comme San Martin de Porres, Comas, Independencia et Puente Piedra.
15 juillet 2007
Les premières photos
Voici les premières photos du centre historique de Lima. Peu de photos car j'avais oublié de recharger les piles. Il faudra attendre encore pour découvrir tout le centre.
14 juillet 2007
Le travail de la Edpyme
Le travail de la Edpyme est de donner des microcrédits à des entrepreneurs de petits commerces pour les aider à leur développement. La condition est que le commerce doit avoir une activité de plus de 6 mois.
Sur Lima, il y a beaucoup de concurrence entre Edpymes, ONG et banques commerciales. Beaucoup de petits commerces sont déjà endettés car ils ont souscrits plusieurs crédits avec plusieurs entités. On peut décrire plusieurs clients :
- ceux qui on besoin d'un microcrédit inférieur à 3000 soles pour renouveler leur stock,
- ceux qui ont déjà un certain capital qui ont besoin de plus de 10000 soles.
Parmi tous ces clients, il y a ceux qui paient régulièrement, ceux qui paient avec 2 à 3 jours de retard car "full chamba" (hyper occupé et peu de temps), ceux qui sont endettés avec plusieurs crédits et les voleurs. Les voleurs font croire aux analystes que le commerce existe depuis un moment. C'est commerce qui existe et que le propriétaire arrange "bonito" pour obtenir un crédit plus facilement. Le jour où il reçoit le crédit, il ferme boutique et le propriétaire a disparu avec l'argent. Voilà la réalité de la microfinance à Lima.
Depuis peu, il existe une nouvelle catégorie : les prestamistas. En fait, on délivre un micro crédit à un petit commerce mais la finalité n'est pas pour l'investissement de ce dernier mais pour prêter à d'autres personnes qui n'ont pas confiance aux banques et Edpymes. Leur taux d'intérêt est proche de 20% et viennent se faire payer quotidiennement. Une dame endettée ne pouvait même plus exercer car le prestamista était resté toute la journée devant son commerce pour être payé !
Trafic (suite)
Les voitures coûtent relativement chères même en occasion. Minimum 2000 USD.
Les moins chères : Peugeot 404, 504, DS, BX, Volvo et Mercedes des années 50 et 60 et toutes roulantes et en bon état.
13 juillet 2007
La circulation à Lima
Le trafic à Lima est catastrophique avec des bus des années 50 et 60. D'ailleurs, cela fait deux jours de suite que mon bus tombe en panne. Ensuite il y a les combis "asesinas" qui se mettent en travers sur l'arrêt de bus. Cela ressemble plus à un rallye de F1. Il y a les taxis formels et informels (plus dangereux)
De plus, Lima est la troisième capitale la plus polluée d'Amérique Latine.
Une idée des tarifs :
Bus et combis : mini 0,50 soles dans le même district, jusqu'à 3 soles du Cono Norte à Cono Este
Taxis : le prix se négocie avec les informels (de 5 soles à 25 soles selon la course). Pour les formels, il faut compter mini 20 soles la course
Pour parler du stage
Lundi, j'ai fait la connaissance de Jorge Samanez, directeur de la Edpyme Crear Tacna pour Lima. Je suis allé jusqu'à Ate Vitarte, à l'est de Lima. J'ai pu sentir la pollution qui règne à Lima, la troisième ville la plus polluée d'Amérique Latine. J'ai pu voir également le degré de pauvreté en arrivant vers Ate. Jorge Samanez m'a expliqué le fonctionnement de la microfinance au Pérou ainsi que la mission de la Edpyme. Ce fut un échange très intéressant et enrichissant. J'ai appris qu'ils donnaient des microcrédits seulement aux commerçants ayant déjà une activité de plus de 6 mois. Donc très peu d'aides pour les personnes qui veulent commencer leur activité. Le retour fut touristique car je suis passé par Huachipa, dans les "chacras", les terres agricoles en dehors de Lima.
Mardi, j'ai commencé le stage le matin avec un "promotor", Jeffrey, pour capter la clientèle. Nous sommes allés dans les marchés de Huandoy et MerproLima. Le travail de captation est très difficile car la microfinance est devenue un commerce comme un autre et il y a énormément de concurrence entre IMF et banques commerciales. Les marchés ressemblent plus à des bazars où on trouve de tout. Pas de clients intéressés. Beaucoup sont déjà endettés avec d'autres institutions. L'après-midi, j'ai rencontré Ana Jimenez de COPEME qui a été l'interlocutrice qui m'a permis de réaliser ce stage. Nous avons beaucoup échangé. C'est une personne très ouverte et très sympathique, très occupée mais reste aussi disponible. Elle attendait quatre étudiants français pour un volontariat à Arequipa.
Mercredi a été le premier jour entier de stage. Le matin, avec Jeffrey, nous sommes retournés aux marchés de Huandoy et de MerproLima. Nous avons accentué la captation en offrant des crayons. Les personnes étaient un peu plus disponible que la veille. Trois personnes semblaient intéressées. A voir. L'après-midi, nous sommes allés au marché de Conzac. C'est un marché qui se trouve au pied d'un "cerro", montagne avec des "invasions" (provinciaux qui ont émigré à Lima et qui vivent dans la pauvreté). C'est un marché assez anciens où les commerçants sont installés depuis une dizaine d'années. Nous n'avons pas eu beaucoup de succès car ils ont déjà leur capital.












